Paris—Alors que de nombreux Etats investissent massivement pour bâtir une « IA souveraine », une nouvelle étude du BCG Henderson Institute, le think tank du Boston Consulting Group, invite à changer de paradigme. Et si l’enjeu ne résidait pas tant dans le contrôle de toute la chaine de valeur que dans la résilience, c’est-à-dire la capacité à utiliser l’IA au niveau national tout en minimisant les dépendances stratégiques ? Appuyée sur l’analyse des politiques publiques de plus de 30 pays, cette étude propose une nouvelle approche pour capter la valeur de l’IA, estimée à 4 % du PIB mondial d’ici 10 ans, soit 4700 milliards de dollars.
L’illusion d’une souveraineté totale
L'autarcie complète en matière d’IA n'est ni atteignable, ni souhaitable : les initiatives nationales (LLM souverains, productions de puces) se heurtent à la réalité de coûts de production colossaux, d’une dépendance structurelle aux acteurs mondiaux et du risque d'obsolescence technologique liée à l’évolution rapide des architectures. Même pour les grandes puissances, cette souveraineté totale reste largement illusoire.
Les quatre piliers de la résilience
L’enjeu pour les pays n’est pas d'atteindre l'indépendance mais la résilience, c’est-à-dire la capacité à s'inscrire durablement dans la chaîne de valeur mondiale de l’IA. Cette stratégie s’articule autour de quatre leviers d’action concrets :
- Développer des infrastructures : garantir une capacité locale d’exécution pour traiter les usages sensibles sur le territoire, même si les technologies sous-jacentes restent mondiales. La Finlande et l’Italie ont ainsi construit de grandes infrastructures nationales pour disposer de capacités de calcul locales.
- Construire la confiance et établir des normes : mettre en place des standards clairs et opérationnels en lien avec les acteurs locaux, tout en intégrant les langues et normes sociales locales dans les modèles d’IA. L’Afrique du Sud a ainsi développé un institut linguistique chargé de garantir que les systèmes d’IA reflètent les réalités locales.
- Soutenir l’adoption de l’IA : stimuler la demande réelle pour que les organisations identifient l’intérêt économique de l’IA et la déploient réellement. La Corée du Sud attribue jusqu’à 140 000 dollars de subventions aux PME via des chèques IA, qui financent l’acquisition de solutions IA auprès de fournisseurs référencés.
- Favoriser les partenariats entre pays : si aucun pays ne peut éliminer l’interdépendance en matière d’IA, il s’agit de la choisir. En attirant des capitaux étrangers sur le territoire tout en investissant de manière ciblée à l’étranger, il est possible de construire une interdépendance organisée.
La véritable souveraineté consiste à déployer l’IA localement, respecter ses propres règles et assurer la continuité en cas de choc externe.
Contact presse :
A Propos Du Boston Consulting Group
BCG accompagne les dirigeants du monde entier. Nous sommes à leurs côtés pour les aider à relever leurs plus grands défis. Créé en 1963, BCG a été le pionnier du conseil en stratégie. Aujourd'hui, nous aidons nos clients dans toutes leurs transformations afin d’accélérer leur croissance, renforcer leur avantage concurrentiel et générer un réel impact.
La réussite des organisations passe aujourd’hui par leur capacité à associer les meilleures ressources humaines et digitales. Nos équipes apportent une expertise industrielle et fonctionnelle approfondie à nos clients. BCG propose des solutions qui s’appuient sur du conseil de très haut niveau, du design, le déploiement de nouvelles technologies ou encore la création d'entreprises digitales- en respectant toujours la raison d’être des entreprises. Nous travaillons avec nos clients selon un modèle collaboratif unique, à tous les niveaux de l’organisation.
Plus d'informations sur www.bcg.com/france