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Inclusion des LGBTQ+ en entreprise : l’inquiétante régression

Seul-e-s 43% des LGBTQ+ sont out au travail, soit 11 points de moins qu’en 2018

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Paris, le 09 octobre 2020 – A l’occasion de la Journée Internationale du Coming Out, le Boston Consulting Group (BCG) dévoile la cinquième édition de son baromètre sur les perceptions et attentes des LGBTQ+ (lesbiennes, gays, bisexuel.les, trans, queers, non-binaires …) dans le monde professionnel. Cette enquête intitulée : Inclusion des LGBTQ+ en entreprise : l’inquiétante régression a été réalisée avec le soutien de TÊTU, premier média de la communauté LGBTQ+ en France, auprès de plus de 1000 répondants.

Pour la première fois depuis la création du sondage en 2014, on observe une véritable régression concernant l’inclusion des LGBTQ+ en entreprise : seul-e-s 43% d’entre eux sont out au travail, soit un recul de 11 points par rapport à 2018. 38% estiment qu’être out au travail représente un désavantage, contre 30% en 2018 et 2017. On note une forte appréhension notamment chez les plus jeunes, et les non-gays (c’est-à-dire les lesbiennes, bi, trans), avec un net écart de perception des actions des entreprises par rapport aux répondant-e-s non-LGBTQ+. Ce malaise est encore plus prégnant dans un monde en pleine crise sanitaire, économique et sociale : plus que jamais, les seules déclarations d’intentions ne suffisent plus, il est urgent que les entreprises passent des paroles aux actes.

Les LGBTQ+ moins out au travail que les années passées, avec une forte appréhension des jeunes générations, des non-gays et un retard des plus petites entreprises

Près de la moitié des LGBTQ+ sont prêt-e-s à mentir sur leur orientation sexuelle et / ou identité de genre lors d’une discussion informelle avec leur supérieur-e.

Cette inquiétante régression s’explique en partie par l'augmentation de 74% du nombre de répondant-e-s non-gays (lesbiennes, bisexuel-le-s, trans, queers, non-binaires …), historiquement moins enclin-e-s à faire leur coming out : seuls 37% des lesbiennes et 21% des bisexuel-le-s sont out au travail, contre plus de la moitié des gays. Plus de la moitié des personnes trans considère leur identité de genre comme un désavantage au travail.

On constate une forte appréhension de la part des étudiant-e-s et des plus jeunes à évoquer leur orientation sexuelle / identité de genre en entreprise. 47% des étudiant-e-s le perçoivent comme un désavantage, soit dix points de plus que les employé-e-s. C’est également le cas pour 40% des 18-34 ans, contre 29% des 45-54 ans et 20% des 55-64 ans.

Sur les sujets d’inclusion et de diversité, les entreprises de moins de 1000 salarié-e-s sont nettement plus en retard que les grands groupes. Dans ces structures, seul un LGBTQ+ sur quatre pense que son entreprise a progressé sur ces sujets ces dernières années.

Les LGBTQ+ expriment un fort malaise vis-à-vis de leur entreprise, renforcé par la crise économique et sociétale

22% des LGBTQ+ déclarent ne pas pouvoir être eux-mêmes au sein de leur organisation soit le double des répondant-e-s non-LGBTQ+. Ils sont également deux fois plus nombreux à penser que leur directeur-trice / instructeur-trice ne crée pas un environnement sûr (15% vs 8%).

Ce malaise et la nette dégradation de l’intégration des LGBTQ+ en entreprise résonnent particulièrement avec l’actualité : le passage massif au télétravail dû à la crise de la COVID-19 limite les opportunités de sociabilisation et d’intégration des LGBTQ+ au sein de leur organisation. Le travail à distance a déshumanisé une part des relations professionnelles, incitant les talents LGBTQ+ à se replier sur eux-mêmes et à distinguer encore davantage sphère privée et professionnelle.

De plus, l’émergence de sujets de société clivants dans le débat public, incitent les talents LGBTQ+ à être davantage sur la réserve, dans la crainte d’amalgames.

Deux sentiments dominent et expliquent que les LGBTQ+ non-out ne sont pas à l'aise dans leur environnement professionnel : 43% estiment qu’être out pourrait nuire à leur carrière et 31% perçoivent leur entreprise comme peu favorable aux LGBTQ+.

« Le travail à distance imposé par la crise de la COVID-19 rend encore plus difficile l’intégration des employé-e-s et particulièrement des talents LGBTQ+. Le télétravail a déshumanisé en partie nos interactions professionnelles : on ne s’attarde plus pour échanger sur qui nous sommes, mais seulement sur ce que nous faisons et produisons. Au BCG, notre réseau Pride@BCG s’engage pour un environnement de travail et une culture inclusive. Nous veillons à ce que chacun-e ait les mêmes opportunités d’intégration et de succès afin de ne pas laisser de côté une partie essentielle des talents. Notre engagement résonne encore plus dans cet environnement économique et sociétal incertain, où la menace du repli identitaire est encore plus prégnante », résume Thomas Delano, Partner au BCG et l’un des responsables monde du réseau Pride@BCG.

De la parole aux actes : les entreprises doivent agir

Il existe un fort écart de perception de l'action des entreprises entre les talents non-LGBTQ+ et LGBTQ+, ne faisant qu’accroître le malaise de ces dernièr-e-s. Un LGBTQ+ sur trois seulement perçoit des actions concrètes de son entreprise en faveur de l’inclusion, alors que deux non-LGBTQ+ sur trois déclarent pourtant percevoir ces actions.

Seul-e-s 22% des LGBTQ+ estiment que leurs dirigeant-e-s communiquent activement sur la diversité et l’inclusion, 42 points de moins que pour les non-LGBTQ+.

Les talents LGBTQ+ deviennent donc plus exigeants vis-à-vis des entreprises, dont les seules déclarations d'intention ne suffisent plus : 69% des non-out au travail attendent des actions concrètes de la part leur organisation avant de dévoiler leur orientation sexuelle / identité de genre.

Les chartes sont un prérequis pour engager l’organisation sur les sujets d’inclusion et de diversité, mais il est temps d’aller au-delà. Pour 77% des non-out, les collègues et le réseau LGBTQ+ de leur entreprise sont cruciaux dans leur décision de se dévoiler ou non.

« Les temps changent. Les déclarations d’intention formulées au travers de chartes, souvent bien pratiques, ne valent que si elles se matérialisent par des engagements concrets et mesurables par les employé-e-s, ce de façon indépendante. C’est tout le fondement de l’initiative TÊTU Connect qui fédère plus de 25 grandes entreprises autour de best practices à partager avec le plus grand nombre » déclare Albin Serviant, Président de TÊTU.

Méthodologie

Le réseau Pride@BCG a réalisé la 5ème édition de ce baromètre avec le soutien du magazine français TÊTU, via un questionnaire auto-administré en ligne, entre juillet et septembre 2020 auprès de 1053 répondant-e-s étudiant-e-s (15%) et employé-e-s (85%) de tous âges en France. Les répondant-e-s incluent des personnes LGBTQ+ (lesbiennes, gays, bisexuel-le-s, trans, queers, non binaires …) ainsi que des personnes non-LGBTQ+ afin de réaliser des mesures comparatives entre les deux échantillons.

À propos de TÊTU

TÊTU Ventures est une SAS basée à Paris, 21 place de la République dans le 3ème, éditeur du site www.tetu.com et du magazine du même nom. Elle a pour mission de pérenniser l’existence d’une des plus belles marques média française. Albin Serviant, entrepreneur de la French Tech, avec l’aide d’Hervé Labeille, professionnel des médias, co-fondateur de TÊTU Ventures, a fédéré un collectif d’entrepreneurs & experts en Juin 2018 dont, notamment, le journaliste Marc-Olivier Fogiel. Romain Burrel, notamment ancien journaliste de Radio France et du magazine Les Inrockuptibles, est directeur de la rédaction. TÊTU est accompagné par la régie publicitaire MEDIA OBS. En janvier 2020, après une levée de fonds d’un million d’euros, TÊTU Ventures a réuni de nouveaux actionnaires, dont Le Groupe SOS, Banijay Group et Frédéric Biousse (Experienced Capital).

Press contact :
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