Paris—Face aux tensions géopolitiques croissantes, à la multiplication de politiques industrielles ciblées et à l'augmentation des droits de douane, le débat sur une possible démondialisation s’intensifie. Pourtant, le rapport annuel du Boston Consulting Group sur les échanges de biens dans le monde montre que le commerce international ne recule pas : il est plus résilient qu’attendu et se réorganise profondément.
Dans l’édition 2026 de son rapport Trade in Transition, BCG analyse quatre scénarios géoéconomiques à horizon 10 ans. Le plus probable : l’émergence d’un monde fragmenté, mais toujours interconnecté, structuré autour de quatre pôles commerciaux (États-Unis, Chine, “économies plurilatéralistes” et BRICS+). Ce scénario, dit du “patchwork”, prévoit une croissance annuelle de 2,5 % des flux de biens, soit une progression légèrement supérieure au PIB mondial, avec un passage de 23 000 milliards de dollars en 2024 à près de 30 000 milliards en 2034.
Les États-Unis en retrait et la Chine en expansion : vers une redéfinition des routes du commerce international
Le rapport décrit plusieurs évolutions qui redessineront la carte du commerce mondial avec, dans le scénario du patchwork de BCG, quatre pôles et quatre dynamiques distinctes à horizon 2034.
- Pôle 1 : les États-Unis voient leur poids relatif reculer dans le commerce mondial de biens, avec une croissance moyenne annuelle de seulement 1,5 %, conséquence d’une stratégie « America First » privilégiant la production domestique. La part des importations soumises à des droits de douane passée de 13 % à 61 % depuis janvier 2025, freine la croissance des échanges projetés. Le commerce des États-Unis avec les BRICS+ (hors Chine) et les “économies plurilatéralistes” progresse lentement (environ 1,5 % par an), tandis que les échanges sino-américains continuent de reculer (- 4,5 %), sans que cela n’implique nécessairement un ralentissement du PIB américain.
- Pôle 2 : les échanges commerciaux de la Chineprogressent de 2,1 % par an, soit plus de 40 % plus vite que ceux des États-Unis. Cette croissance est tirée par des besoins accrus en énergie et en intrants industriels, ainsi que par la recherche de nouveaux débouchés commerciaux. Pékin accentue parallèlement son pivot vers le Sud global, dont il reste le premier partenaire commercial. Dans ce contexte, les échanges avec les pays des BRICS+ croissent rapidement (+ 5,5 % par an), tandis que ceux avec le reste du monde augmentent d’environ 3 % par an.
- Pôle 3 : les “économies plurilatéralistes”, au premier rang desquelles l’Union européenne, le Japon et le Canada, enregistrent une croissance annuelle moyenne de leurs échanges de l’ordre de 2,4 % par an. Attachées à un commerce international fondé sur des règles communes, leurs échanges internes augmentent d’environ 3 % par an, un rythme supérieur à la moyenne mondiale de 2,5 %. Parallèlement, ces pays poursuivent la diversification de leurs partenariats avec le Sud global, au-delà de leurs relations traditionnelles avec les États-Unis et la Chine. Leurs échanges avec les pays des BRICS+ progressent ainsi à un rythme proche de 2,5 % par an. Pilier de ce groupe, l’Union européenne conserve une position centrale mais de plus en plus contrainte dans le commerce mondial : historiquement dépendante de l’ouverture des marchés, elle s’efforce désormais de concilier son insertion dans les échanges internationaux avec un impératif accru de souveraineté économique.
- Pôle 4 : les BRICS+, hors Chine, affichent une croissance annuelle moyenne de leurs échanges de 3,3 %. Ils accélèrent le commerce Sud-Sud et leurs échanges avec Pékin. Par ailleurs, leurs échanges internes et ceux avec le reste du monde progressent d’environ 3 % par an. Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie combinant ouverture commerciale et préservation de leur souveraineté économique.
Enfin, les pays situés en dehors de ces quatre hubs, regroupés dans la catégorie du “reste du monde”, gagnent en importance stratégique. Majoritairement constitués d’économies du Sud global, cette catégorie émerge comme un acteur clé du système commercial mondial en jouant la carte de la neutralité, à la fois comme marché et comme fournisseur.
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