Informatique quantique : la course que l’Europe ne doit pas perdre

Informatique quantique : la course que l’Europe ne doit pas perdre

Paris—Alors que l’Europe a perdu une première bataille dans le numérique face aux Etats-Unis et à la Chine, elle a aujourd’hui en main tous les atouts pour remporter celle de l’informatique quantique et renforcer sa souveraineté.
L’informatique quantique pourrait créer jusqu’à 850 milliards de dollars de valeur au cours des 15 à 30 prochaines années et révolutionner de nombreux secteurs : cybersécurité, finance, santé... Dans la compétition engagée entre les grandes puissances pour la maîtrise de cette technologie, l’Europe doit accélérer, sans quoi elle risque de se laisser distancer par la Chine et les Etats-Unis selon une nouvelle étude BCG intitulée « Can Europe Catch Up with the US (and China) in Quantum Computing ? ».

En voici les principaux enseignements :

Dans la course à l’informatique quantique, les Etats-Unis sont en tête, avec une part de marché estimée à 27%, représentant un marché de 679 milliards de dollars :

  • L’UE figure pourtant en bonne position, en haut du classement avec une part estimée à 14% ($346 milliards), aux côtés de la Chine (11% pour $268 milliards) et du Royaume-Uni (16% pour $160 milliards), portée par des investissements publics conséquents et un important vivier de talents.
  • A titre de comparaison, la part de marché de la France s’élève à 3% ($88 milliards).

L’Europe dispose de solides soutiens publics sur lesquels elle peut capitaliser :

  • Avec 6,5 milliards de dollars, le montant total des investissements publics consacrés au quantique dans l’UE est le double de celui des États-Unis ($2,9 milliards) et peut rivaliser avec celui de la Chine ($10 milliards).
  • L’UE a également instauré un ambitieux programme de recherches avec le Quantum Flagship (2018) qui encourage la recherche et la coopération dans le secteur industriel et des projets éducatifs pilotes.

Mais si elle semble avoir pris la mesure du défi, l’Europe présente de nombreuses faiblesses :

  • L’absence de coordination entre les pays membres freine la création d’un écosystème européen connecté. Malgré l’ambition affichée du programme Quantum Flagship, de nombreux pays européens travaillent encore en silo. En 2021, la France (1.8 Md €) et l’Allemagne (2 Mds €) ont lancé des plans nationaux avec des approches très différentes, sans envisager d’éventuelles synergies.
  • Le manque d’investissements privés ralentit le passage à l’échelle des start-ups et la création de géants régionaux de la tech sur lesquels la région pourrait capitaliser, à l’instar d’IBM ou Google aux Etats-Unis. Ces derniers, qui concentrent le plus grand nombre de brevets déposés, disposent d’un marché plus mature. Depuis 2010 ils ont levé près d’1,8 milliard de dollars de fonds privés dans des sociétés quantiques, dont 25% de série D contre $0,3 milliard en Europe et quasi aucune de séries C ou D.
  • Des talents trop rares : L’UE concentre presque autant d’universités de pointe dans le domaine quantique que les États-Unis (34 vs 37) et 15% des publications scientifiques sur le sujet (derrière les Etats-Unis). Malgré la demande, elle a plus de mal à inciter ses diplômés, issus de formations académiques, à pousser la porte du secteur privé. Les Etats-Unis ont quant à eux deux à trois fois plus de talents quantiques dans le monde des affaires que l’UE.

En agissant rapidement, l’Europe peut encore combler son retard et éviter de répéter les erreurs passées, à l’instar de l’industrie des semi-conducteurs. Pour cela, le rapport suggère trois pistes d’actions :

  • Bâtir un écosystème européen interconnecté, capable d’harmoniser les actions des pouvoirs publics et d’aligner les stratégies des États membres et des différents acteurs, civils ou militaires.
  • Combler le déficit d’investissement européen, particulièrement dans les dernières phases de financement, pour permettre aux start-ups de se développer rapidement.
  • Inciter les talents à se tourner vers le secteur privé, développer des programmes de formation continue du lycée au supérieur et attirer les talents internationaux.

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