- D’après la quatrième édition du baromètre mondial « AI at Work » de Boston Consulting Group, consacré à l’impact de l’intelligence artificielle sur le monde du travail, près de la moitié des salariés consacre désormais plus de temps à piloter l’IA qu’à effectuer les tâches eux-mêmes.
- Deux tiers des utilisateurs réguliers de l’IA déclarent une plus grande satisfaction au travail grâce à cet outil, mais 41 % d’entre eux font également état d’une charge cognitive accrue. Cette situation crée un « paradoxe du bien-être » : l’IA rend le travail à la fois plus agréable et plus exigeant.
- 42 % des employés qui utilisent régulièrement l’IA économisent une journée de travail complète ou davantage par semaine (seuls 20 % en France), mais la plupart des organisations ne parviennent pas encore à convertir ce temps libéré en valeur mesurable.
- Sans vision stratégique claire, l’enthousiasme initial des collaborateurs pour l’IA s’essouffle rapidement : une stratégie bien définie augmente de 25 points de pourcentage la probabilité d’obtenir un impact mesurable, contre seulement 5 points pour la seule amélioration des outils.
- L’adoption de l’IA chez les employés de terrain a fortement progressé : 74 % d’entre eux en sont désormais des utilisateurs réguliers, soit une hausse de 23 points de pourcentage en un an. Avec 62 % d’utilisateurs réguliers de l’IA, la France est dernière du classement.
Paris—La dernière enquête de Boston Consulting Group intitulée « AI at Work : Strategy matters more than tools » révèle que l’intelligence artificielle ne se limite plus à améliorer la productivité ou à faire gagner du temps : elle transforme en profondeur la nature même du travail, du management et du quotidien des salariés.
Près des trois quarts des répondants (72 %) estiment que l’IA a déjà profondément transformé les compétences requises dans l’exercice de leur métier, et près d’un répondant sur deux (47 %) déclare passer plus de temps à piloter et orienter l’IA qu’à exécuter lui-même les tâches. Deux tiers (67 %) des utilisateurs réguliers considèrent que l’IA a amélioré leur satisfaction au travail, tandis que quatre sur dix (41 %) font état d’une charge cognitive accrue, créant un « paradoxe du bien-être » dans lequel l’IA rend le travail à la fois plus agréable et plus exigeant.
Tels sont les principaux enseignements du rapport annuel AI at Work de BCG, appuyé sur une enquête mondiale menée auprès de plus de 11 749 dirigeants, managers et salariés dans 14 pays, dont la France.
L’adoption de l’IA s’accélère
L’adoption de l’IA parmi les employés a fortement progressé : 74 % d’entre eux en sont aujourd’hui des utilisateurs réguliers, soit une hausse de plus de 20 points en deux ans. Sur le plan géographique, les marchés du Sud continuent de dominer en matière d’adoption : l’Inde, le Moyen-Orient, le Brésil et l’Afrique du Sud affichent tous des niveaux d’utilisation régulière supérieurs à la moyenne mondiale et à la plupart des pays du Nord, tandis que les États-Unis, la France et l’Italie sont à la traîne. Avec 62 % d’utilisateurs réguliers, la France se situe dernière du classement aux côtés de l’Italie et des Etats-Unis.
Des gains de temps réels mais sous exploités
Malgré une adoption massive, beaucoup d’organisations peinent à convertir les gains d’efficacité générés par l’IA en valeur mesurable. 42 % des utilisateurs réguliers déclarent économiser au moins une journée de travail par semaine grâce à l’IA (seuls 20 % en France, dernière du classement), contre 5h en 2025. Mais 66 % d’entre eux indiquent ne recevoir que peu ou aucune orientation sur la manière d’utiliser ce temps libéré. Plus de la moitié des salariés ne le réinvestit pas dans des tâches à plus forte valeur ajoutée. Faute de transformation adéquate, le temps économisé reste inexploité.
Pour Vinciane Beauchene, directrice associée chez BCG et coauteure du rapport : « La première vague de l'IA s'est focalisée sur la productivité individuelle. La vague qui arrive devra transformer le travail collectif. Tout le monde parle de l'IA comme d'un outil de remplacement du travail, mais le véritable enjeu est de repenser la valeur ajoutée de l'humain au sein de l'organisation. Notre enquête révèle l'ampleur de la révolution managériale en cours : 65 % des managers et dirigeants estiment que les agents prendront en charge au moins la moitié de leurs activités d'ici trois ans, tandis que le rôle des employés évolue vers davantage de pilotage, d'orchestration et de supervision de l'IA. »
La montée en puissance des agents IA
L’enquête met également en évidence la montée en puissance des agents IA : 30 % des répondants indiquent les avoir déjà intégrés dans leur mode de travail, soit plus du double du niveau observé dans le rapport de l’an passé (13 %). Six répondants sur dix (61 %) considèrent que des agents pourraient assurer au moins la moitié de leur travail d’ici trois ans. Pourtant, plus de la moitié d’entre eux (52 %) a encore une compréhension limitée de ce que sont les agents, et leur supervision progresse plus lentement que les capacités technologiques.
La stratégie, clé de la création de valeur
L’impact de l’IA repose avant tout sur la clarté de la stratégie. Les organisations les plus avancées ne se contentent pas de déployer des outils IA sur des cas d’usage isolés ; elles s’engagent dans une transformation en profondeur de leurs processus pour repenser des fonctions entières. Elles exploitent également l’IA pour concevoir de nouvelles offres et faire émerger de nouveaux modèles économiques, une dynamique dont l’ampleur a presque doublé en un an.
Il en résulte ce que les auteurs appellent le « dividende de la transformation et de l’innovation » : une création de valeur accrue pour l’entreprise et une meilleure expérience collaborateur. Une stratégie claire augmente de 25 points de pourcentage la probabilité d’obtenir un impact business mesurable, contre seulement 5 points pour l’amélioration des outils seule. Les répondants issus d’entreprises engagées dans une refonte de leurs processus et flux de travail sont également plus susceptibles de constater une amélioration mesurable de la performance de leur organisation, d’économiser au moins une journée de travail par semaine et de déclarer une hausse de leur satisfaction au travail.
« La perception de l'IA évolue fortement dès la première année d'usage. Au début, la nouveauté et la stimulation cognitive suscitent de l'enthousiasme, mais cet effet « lune de miel » s'estompe en l'absence de clarté stratégique. Les collaborateurs ne craignent pas l'intensification de l'IA ; ils ont besoin d'en comprendre la finalité. Lorsque la vision est claire et incarnée par les dirigeants, l'IA devient à la fois un levier de performance et d'engagement. Les organisations qui créent le plus de valeur sont aussi celles qui donnent le plus de sens au travail de leurs équipes. » - Sylvain Duranton, Directeur mondial de BCG X et coauteur du rapport.
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Retrouvez ici les éditions 2023, 2024 et 2025 de l’étude AI at Work sur l’impact de l’IA au travail.
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